dimanche 24 avril 2011

récap fin avril - ne te découvre pas d'un fil

Drôle de semaine. Couru dans une tempête de neige et dans le soleil printanier. 25,5km au compteur sur les 26 prescrits mais je me dis que la petite sortie de vélo vient compenser pour le 500m.

Objectifs pour la semaine prochaine :

- Trouver un moment dans mon horaire pour 2 séances en piscine. Ça risque d'être un cas d'utilisation de banque d'heures accumulées. Ça fera du bien à tout le monde au bureau? Hah.

- Reprendre la musculation

- Faire une séance en piscine

- Faire une sortie à vélo équivalente à 10km effort TT

- 54.5km de course à pied dont une longue course de 16km

- M'offrir chaque jour un moment juste à moi. Ça devrait être la partie la plus difficile du programme.

J'accumule les deuils cette semaine. Le kilométrage réduit me force à réaliser qu'il y a une part de fuite dans ma projection vers l'avant. C'est bien de la pincer avant que ça ne soit malsain mais c'est frustrant d'avoir à la pincer.

J'ai rencontré un gastroentérologue et il m'a semblé extrêmement compétent. J'ai un diagnostic temporaire : maladie de Duhring, aussi connue sous le sexy nom de dermatite herpétiforme. Rien à voir avec l'herpès sauf l'aspect. Reste à confirmer et à investiguer préventivement des problèmes connexes. Le sang ne ment pas, on verra bien ce qu'il chante. D'ici 15 jours le gastroentérologue me pincera des petits bouts d'intestin et on verra bien si je le trouve aussi compétent.

Il m'a fortement suggéré de ne plus manger 4h avant de courir. Je ne l'ai pas trouvée drôle sur le coup mais ça fonctionne vraiment bien, ça a beaucoup réduit mes symptômes. Du reste, Ryan Hall serait intolérant au gluten, je suis en bonne compagnie. Je blague à moitié, c'est encourageant de savoir qu'on peut performer à ce niveau malgré un système digestif qui coopère plus que moins.

Je suis à cogiter une levée de fonds pour la maladie coeliaque en lien à mon marathon. Souper spaghetti sans gluten? Contacter les brasseurs de la bière sans gluten La Messagère pour commanditer un après-marathon? Je ne sais pas trop et je veux bouger là-dessus en mai, vos idées sont les bienvenues!

dimanche 10 avril 2011

Building up!

Kilométrage prévu en course à pied : 48,5
Kilométrage effectif en course à pied : 47,86

% de chance que je sorte faire le tour du bloc pour aller chercher le 700m manquant : 0%

J'ai pu prendre le vélo un peu cette semaine, c'est sympathique mais les nids de poule demandent un peu de conduite à la singletrack, debout sur les pédales pour ne pas se prendre le choc en plein dans les cervicales.

Nombre d'étoiles collées dans mon cahier : 1

Je suis bien contente malgré le fait que je ne suis pas allée à la piscine finalement. Wardrobe malfunction, acte manqué, name it, j'ai d'abord oublié mon p'tit kit pour ensuite me le fendre sur le corps. Woot. Je remets tout ça à cette semaine.


***

Faudrait bien que je m'achète un 2 pièces, histoire de me faire aller les cicatrices un peu.

Quand je me suis fait enlever la vésicule biliaire, la fille à côté de moi dans la salle de réveil était en sanglots. Sa mère, inquiète, lui demande quel est le problème.

"Je vais avoir des cicatriiiiices!" de déclarer la demoiselle. Je ne sais même pas comment elle a pu se soucier de ça dans le nuage confortable d'anesthésie et autres valiums qui devaient couler dans son sang comme le mien.


On a beau tous se ressembler, on n'est pas tous faits du même moule.

***

Cette semaine : gastroentérologue. J'ai mes appréhensions mais à moyen et long terme faut bien que j'aie une image juste de ce qui se passe dans ma bédaine.

Objectif cette semaine : 51km en course à pied, 1 sortie à la piscine, autant de vélo-boulot que faire se peut. :)

dimanche 3 avril 2011

accélération/exhilaration

Je suis plutôt silencieuse ces derniers temps. C'est que je travaillais à mettre en place des bases pour ne pas me brûler physiquement et psychologiquement. C'est facile pour moi de confondre les choses qui me font plaisir et les choses que je dois faire, comme les deux sont comptabilisées dans la colonne des choses qui me font avancer. Le sport pouvant entrer dans les deux catégories, j'essaie de rester vigilante et de bouder un peu quand je veux m'entraîner pour les mauvaises raisons.

Mon autopsychanalyse va bien cependant, j'ai un rendez-vous en gastroentérologie pour régler les pépins finaux avec mon réservoir à essence alors... C'est le temps de regarder en avant!

Je veux faire 2 courses cette année : le triathlon de Verdun et le marathon de Montréal. Je refuse cependant de sacrifier du volume en course à pied pour potentiellement faire un meilleur triathlon. Je veux tout simplement le finir avec grâce, le triathlon. Ça correspond à ne pas me noyer et trouver mon bike dans la t2. Ça devrait se faire.

Le plan pour le triathlon :

Travailler ma natation avec un autre humain. J'ai besoin du feedback. Avec ma forme actuelle ça devrait être suffisant pour faire un split de nage moyen. Je veux y retourner 1 fois/semaine d'ici juin. Peut-être même que d'avoir simplement un vidéo de moi à la nage suffirait. Je comprends quoi faire pour avancer vite dans l'eau mais mes problèmes d'équilibre ne m'aident pas trop à interpréter mes sensations.

Pour le vélo, dès que l'estacade est ouverte, j'aurai un beau terrain de jeu pour pratiquer. Je me donne 1 mois à 1-2 fois semaine de séances de 30 à 50 minutes avant de faire un test sur 20km et voir où je me situe. Mon tank est monté en 16/47 présentement et je me sens la jambe légère et forte. Je suis confiante pour ma forme à vélo malgré le peu de trainer que j'ai fait cet hiver.

Pour ce qui est de la course à pied - je ne pense pas que je vais finir rapidement, mais ça devrait tourner autour de 25 minutes sans problèmes. Ce n'est pas une priorité parce que...

J'ai finalement monté mon plan de progression pour le marathon! Wheeee! Je me suis cassé la tête avec plusieurs plans sans rien trouver de parfaitement adapté alors j'ai pris plusieurs plans, réduits en bouillie et reconstruit quelque chose selon mes objectifs.

Mes objectifs actuels sont les suivants, en ordre d'importance relative :

-Terminer dans un temps qui se rapproche de mon temps prédit par le demi de l'an dernier : 4h44. Ça me semble lent mais "nobody ever hurt themselves by going too slow".
-Améliorer ma technique de course et ma flexibilité
-Améliorer mon endurance de base
-Améliorer ma VAM un peu, quand même, tséveudire, égo là là
-Conserver le peu de vie sociale que j'ai

J'ai donc besoin d'un plan qui :

-Maintient les qualités développées à ce jour (à part avec un plan basé sur de la pétanque ça devrait fonctionner, je ne pars pas de bien rapide)
-Contient des séances qui font appel à l'économie de course et la technique. Les côtes m'aident beaucoup pour ça, hills it will be.
-Met l'emphase sur une bonne proportion de longues sorties à un rythme lent
-Renferme assez de fractionné et de séances en endurance active pour stimuler l'amélioration de la VAM
-Voir point précédent!

La recette de mon plan hybridé :

- la longue course + la moyennement longue course + le kilométrage total par semaine d'un plan qui vise surtout à faire couvrir une distance totale par semaine.

- le plan recommandant des cadences très conservatrices sur toutes les sorties, je mute certaines des séances plus courtes (environ la moitié) en sorties "endurance active", en côtes et d'autres en séances de fractionné, selon les séances prioritaires du plan de Guy Thibault pour un marathon en moins de 4 heures.

- l'autre moitié des séances sera faite à un rythme plus lent mais plus rapide que de la récupération pure pour la majorité des séances - le rythme "easy runs" de McMillan. Celui-ci tombe en plein dans 2 des rythmes plus rapides du plan de mon sexy mari alors on pourra sortir ensemble. :)

Je n'ai pas fini de le transcrire dans iCal mais je le rendrai public ici.

Le plan de cette semaine? 14,5 km aujourd'hui, 10km jeudi sur le mont Royal si le sol est plus solide que liquide sinon à un rythme soutenu ailleurs, un fractionné sur 10km samedi, 14km en amoureux durant la semaine. Ça ne me semble pas bien méchant mais c'est quand même une nouvelle étape qui présente du défi.

Première étape du défi - réveiller sexy mari pour notre longue course! ;)



We are always running for the thrill of it, thrill of it
Always pushing up the hill searching for the thrill of it
On and on and on we are calling out and out again
Never looking down I'm just in awe of what's in front of me

dimanche 6 mars 2011

The way out is through

Sur le cul encore. Cause identifiée : des chips avec graines de lin Choix du Président. Le Président choisit de bien bonnes choses mais il est plutôt médiocre quand vient le temps d'identifier les allergènes possibles dans ses trucs. À preuve, une requête à la compagnie m'enjoint de les rejoindre entre 9h et 16h du lundi au vendredi pour vérifier chaque produit individuellement parce qu'ils sont incapables d'indiquer les contaminations possibles sur leurs étiquettes. C'est dommage. Le blé n'est simplement pas vu comme un allergène prioritaire chez bien des manufacturiers.

Je ne l'aime pas mais c'est l'esprit de la lettre. WORD.


Comme dirait l'autre, "just watch me". Je ne pense pas que j'ai "tag téléphonique avec le service à la clientèle de Lowblaws" dans mon planning cette semaine. Ni l'autre. Je vais attendre gentiment que la nouvelle loi sur l'étiquetage ne les y force.

Ça fait beaucoup d'erreurs en peu de temps et pourtant je fais tellement d'efforts... Je suis moins découragée qu'hier (trou noir total hier remarquez) mais ça donne toute une frousse d'avoir de la difficulté à marcher ou bien à parler. Je voulais effacer le billet d'hier mais je le laisse pour laisser des traces du contexte. Ça me rappelle des souvenirs plutôt sombres de mon papa aussi. Je le cache plutôt mal alors autant le dire d'emblée : j'ai peur d'être porteuse de la même maladie que mon père (soit la sclérose en plaques ou la sclérose latérale amyotrophique, dépendemment duquel de ses neurologues on croit). J'ai encore plus peur de la développer. Qui sait, c'est peut-être ce qui se passe et c'est tout simplement accéléré par le gluten? Qu'en sais-je. Ça n'a jamais été bien net le diagnostic de mon papa de ce que j'en comprends.

Puis on s'entend, j'ai une attitude de poche avec tout ça.
Tout ce que je sais c'est qu'une autre fin de semaine vient de se faire passablement violenter par ceci. J'avais une belle journée de thé, fringues, gossip et yoga avec mon amie (hello lady!) de planifiée. Je l'ai passée sur le trône au lieu (hello, TMI!).

Je suis en deçà de mon poids de forme. Je peux difficilement penser à bien balancer ma diète et à remplir mes réserves de glycogène quand je n'absorbe rien du tout de ce que je mange, disons. Et je déteste me plaindre ok? J'aime vraiment pas ça mais je veux documenter ce qui m'arrive parce que je me dis que ça peut faire prendre conscience à quelqu'un que ce qui lui arrive n'est pas de l'épilepsie, une psychose, de la fatigue chronique, le colon irritable, name it, mais tout simplement une réaction alimentaire bête.



Mais bon. Perspective. J'ai des solutions dans mon grand sac à outils. On m'a conseillé en janvier quelques suppléments. Je trippe plus ou moins sur l'idée et j'y allais au strict minimum mais selon mes dernières analyses sanguines j'ai la tête trop dure (ferritine trop basse, vitamine b juste sur la limite de la normalité, comme pas mal tout de manière générale et comme c'était une bonne journée quand j'ai fait faire mes analyses...). Voici donc le régime : 1 multivitamine avec fer, 60mg de coenzyme Q10 2x par jour, 1000UI de vitamin D3 2x par jour et 1000mcg de vitamine B12. On ajoute à ça de l'huile avec omégas 3-6-9 les jours où j'en mange moins que 3g environ.

C'était plus simple avec les anticonvulsants et ça ne peut être un échec plus lamentable. Je vais donc m'y mettre avec diligence et on verra si ça fonctionne.

J'ai aussi décidé de bannir tout aliment qui n'indique pas clairement SANS GLUTEN. J'ai peur que le prochain épisode ne se règle qu'à coups de canne et ça me semble la seule manière de réduire le risque au minimum.



Au niveau du plan d'entraînement : c'est qualibré sur ma performance au demi hypothermique jusqu'en avril. J'ai décidé d'arrêter de faire une crise d'égo avec ça. En fait je trouve vraiment comique que les intervalles marche-course de Sylvie correspondent à mes courses (et il faut que je trouve ça comique parce que c'est ça que je peux faire en ce moment anyway). La grande vérité de la vie c'est que j'ai une fucking maladie autoimmune et peu d'expérience en course à pied. La seconde partie de cette grande vérité de la vie est que tout le monde s'en fout bien de mon pace sur 20km - ou devrait ne pas s'en soucier parce que je ne vous paie pas pour. En somme, si je me mets de la pression j'y perds le fun, et si je perds le fun je perds avant même d'avoir essayé de gagner.

Fin mars je vais faire un test sur 10km et requalibrer les vitesses à partir de ça. Pas pour me dépasser. Pas pour finir en X en septembre - quoique j'ai plein de rêves. Simplement parce que je suis persuadée que le sport aide mon corps à se guérir des dommages faits par tout le reste. Je suis convaincue que sans les séances avec le TRX j'aurais de graves problèmes d'équilibre et de motricité. Je suis convaincue que sans le vélo et la course pour évacuer le stress je passerais mes semaines au lit à regarder le plafond en me disant FUCK EVERYTHING.

Un jour j'ai marché devant ceci et j'ai su que j'en prendrais le départ. C'est juste une question de savoir quand.


Ça va mieux maintenant. j'ai même pris une petite marche vers 16h avec Frédéric et mes nouveaux souliers qui n'ont pas beaucoup voyagé (2km!). Le même Frédéric qui me cuisine toutes sortes de gâteries pour que je remonte la pente. <3.


Comme dirait Trent -

all I've undergone
I will keep on

underneath it all
we feel so small
the heavens fall
but still we crawl

all I've undergone
I will keep on

samedi 5 mars 2011

encore un peu plus bas.

Je ne sias plus quoi penser.

J'ai un diagnostic qui ne veut rien dire autrement que de décrire que le gluten attaque mes nerfs. Ben oui toi. Je suis quasiment surprise.

Avec le diagnostic vient une bonne dose de sympathie (ooohn pauv' tite choupette) et l'admonition de ne pas en manger pour ne pas câler plus creux.

Je n'en mange donc pas.

Sauf qu'on dirait que ça ne règle rien. Litanie sous forme de liste de ma journée d'aujourd'hui. Je me garde une petite gêne mais pour ce qui se discute publiquement :

J'ai 0 énergie
J'ai mal partout, mal aux os on dirait, mais aussi comme des épingles partout
J'ai des spasmes partout, on dirait qu'ils se promènent
Ma mémoire fait des freegame (mercredi, oubli de mon code postal. Pas mon genre.)
J'ai des nausées
Je fonce continuellement dans les tables/chaises/coins de mur, je vais finir par porter des caps d'acier dans la maison
J'arrête pas de perdre du poids, surtout du muscle - grosso modo 10lbs la semaine dernière
J'ai des fourmillements aux mains et aux pieds
Je me sens parfois comme s'il faisait -20 dans l'appart, complètement transie
J'ai de la difficulté à coordonner mes mouvements en faisait des tâches ordinaires, c'est comme si j'étais faite en guénille

Normalement ça vient quand je mange du gluten par erreur mais là je ne vois vraiment pas ce que ça pourrait être. Peut-être des symptômes sur plusieurs jours d'une contamination plus tôt dans la semaine que j'ai pas remarquée. Je ne sais plus.

Je ne sais plus. Je suis fatiguée. J'en peux plus. Je ne suis pas trop plaignarde habituellement mais là je manque de moyens de mitiger tout ça.

dimanche 27 février 2011

On the down low

D'abord les trucs positifs : J'ai entrepris un programme d'entraînement beaucoup mieux structuré que ce que j'ai bagossé depuis décembre. J'avais vraiment escamoté la périodisation pour le demi hypothermique parce que je ne l'avais pas planifié dans mon année de course. Je pense que je vais pouvoir m'améliorer avec ce nouveau plan et avoir du plaisir en le faisant. Les 2 prochaines semaines sont pas mal relaxes mais bon, j'ai le droit.

Du côté négatif, je ne sais pas ce qui s'est produit hier mais je suis malade comme un chien aujourd'hui sans pouvoir dire avec certitude ce qui m'a rendue malade. Les problèmes ont commencé avec un combo rhum et stroboscopes - mais le premier est sans gluten et le second ne devrait pas me faire de problèmes si tout est autrement normal. Alors je ne sais pas trop. Contamination croisée? Who knows. J'ai juste le goût de dormir pendant 2 mois. On dirait que c'est ce que ça prendrait pour remonter la pente après un incident. Perdre 6lbs en une journée grâce au régime instantané de contamnation croisée, c'est vraiment épeurant.

ONWARDS AND UPWARDS.

dimanche 20 février 2011

Demi hypothermique - à la mode Jules César.

Tout d'abord, un petit tour sur wikipédia, où on trouve une entrée fascinante sur l'hiver québécois. Ça met les choses en contexte quand je dis qu'il faisait beau et chaud. ;)

 Le vent était de la partie et ma cheville était inconfortable au lever (3/10 sur l'échelle de c'est une mauvaise idée de courir). Mais comme je m'étais dit que je passerais au moins la ligne de départ... VENI!

La première règle de la course à pied : you gotta show up. (Je ne sais pas pourquoi j'ai le doigt en l'air, mais ça tombe bien!)
Normalement, quand le coup de départ est donné, j'ai un bon jet d'adrénaline qui me fait oublier les 5 premiers kilomètres. Pas ce coup-ci. Le parcours débutait avec une descente glacée.  Ça m'a anesthésiée un peu disons. J'avais mes crampons, mais je peinais à tenir mon rythme voulu même avec ça.

Ça s'est gâté une fois sur le Circuit Gilles-Villeneuve, parce qu'on dirait que même quand mes crampons passaient dans la glace, ils n'avaient que très peu de traction à cause de la divine asphalte lisse du circuit de F1. Je dis divine parce que temple sacré de l'automobile qu'il est, l'épandage d'abrasifs n'y est pas permis.


Rien à signaler du premier tour sauf le fait qu'il était clair pour moi que ma cheville rechignait dès que je poussais la cadence un peu. Je souffrais au 5ème kilomètre. J'ai alors officiellement décidé de casser le rythme et de prendre le demi comme une course du dimanche. C'est bien beau les épreuves, et les roux sont peut-être plus douillets que la moyenne, mais il demeure que j'ai envie de faire un bon preier marathon et pour ça, il faut que je sois sur mes deux pieds.

7km - je suis de bonne humeur et mon linge est 3 tailles trop grand.
Deuxième tour : je ne fais que me répéter ma routine de danse moderne pour la course à pied - mon tronc est-il bien solide, le mouvement des bras efficace, la respiration facile, le genou au-dessus du pied qui est au-dessus de la hanche qui supporte le tronc - est-il solide? Ad nauseam. En regardant les photos que mon paparazzi préféré a croquées (<3!) ce n'est que trop clair que je lançais mes jambes beaucoup trop vers l'intérieur avant même d'être à mi-parcours. Je compensais pour la douleur efficacement mais ça ne donne pas une foulée trop efficace.

J'ai fait un petit test au 10ème kilomètre : rien à faire, pas capable d'aller plus vite que 6:35/km sans avoir mal. Je ne parle pas de douleurs attendues dans les muscles, j'allais vraiment trop lentement pour même commencer à sentir la fatigue s'installer... Plus comme des petites aiguilles dans la face interne de ma jambe gauche à chaque fois que je me donnais un peu de vitesse.

Durant tout le 2ème tour, j'ai agrippé la semelle de deux coureurs qui me semblaient sympathiques : un prof d'une trentaine d'années et son mentor de course dans la quarantaine. Le second, ultramarathonien, qui lui racontait toutes sortes d'histoires sur ses courses passées. Leur conversation était intéressante, leur rythme était bon pour moi, j'ai tendu l'oreille.  Je n'ai pas jasé par contre parce qu'au km 12, un mal de tête a commencé à me déranger.

C'est là que j'ai réalisé que je n'avais encore rien bu. Complètement oublié de boire - c'est plus facile pour moi de penser à boire quand je suis haletante, on dirait. Trainer autant de trucs sur ma ceinture et parvenir à oublier que je la porte, c'est peut-être une bonne indication qu'elle est confortable mais, pas impressionnée disons.

J'ai essayé de reprendre le temps perdu mais ça ne fonctionne pas comme ça. 500m plus tard environ, pause-pipi, couleur café, que je n'aime pas ta couleur, café. n'en déplaise à Gainsbourg. Disons qu'après le vent, la douleur, c'était une mauvaise surprise et mon moment VIDI de la course.  Je comprends cet épisode plus ou moins parce que ça ne m'est jamais arrivé de ne pas avoir soif ou faim dans une course et parce que j'étais vraiment très bien hydratée avant le départ. Mais bon, une pelure d'oignon de trop peut-être. J'ai perdu environ 3kg d'eau en 21km. :O

À ce point-ci je me disais que j'aurais un bon 2km à marcher avant de pouvoir vraiment arrêter, alors pourquoi ne pas me rendre au 14km avant de décider officiellement de lâcher - c'est plus près du vestiaire. Mais le liquide s'est mis à passer  et je me sentais pas mal mieux alors, pourquoi ne pas finir?

Et de deux - drôle de foulée mais je vous garantis que mon pied est toujours rattaché à ma jambe.


Le dernier tour était un peu plus lent. Je voulais seulement finir en bas de 2h35 à ce point-là. J'ai fait 5x 900m + 100m marche, pour finir les 2 derniers en courant. Ça devait être hyper gossant pour les coureurs que je dépassais pour ensuite laisser me dépasser mais quand mon estomac décide qu'il n'y a rien qui va passer et qu'il menace de renvoyer la marchandise, c'est la seule méthode que je connais pour que ce moment désagréable passe.

Je sonne comme si tout était une sinécure : ce n'est pas le cas, j'ai eu beaucoup de plaisir! Mais ce n'était pas «ma course».

Reste que toute course qui se respecte mérite son petit déficit d'oxygène à la fin :

AAAAAAAH! Notez l'amusement du petit couple derrière.

AAAAAAAH!

Et hop! VICI!
Merci à Frédéric, meilleur paparazzi/cheerleader/cuisinier personnel/masseur/psychiatre du monde entier, à Pat qui s'est offert généreusement pour me remplacer au boulot, aux athlètes sur dailymile/twitter pour leur généreuse dose de motivation, aux amis et à la famille qui m'encouragent même quand je bougonne.
Genre de merci corporatif à nuun, qui font des électrolytes à boire sans gluten sans lesquels j'aurais probablement passé un très mauvais quart d'heure!


What next? Je ne sais pas encore. Je n'ai aucune inscription sauf pour le marathon de Montréal à l'heure actuelle. Je veux faire le triathlon de Verdun aussi. Sinon je pense que j'en aurai plein les bras simplement avec l'entraînement! :)